27 septembre 2011

Don't be afraid of the dark (2011) de Troy Nixey, avec Kathie Holmes, Guy Pearce, Bailee Madison


Dans la lignée du "Labyrinthe de Pan" , Guillermo Del Toro, qu'on ne présente plus (Hellboy I et II, Blade II et j'en passe) revient signer cet opus en tant que producteur, car c'est un quasi inconnu qui s'attèle à la réalisation de ce film dit "d'horreur". On ne peut s'empêcher néanmoins d'y voir de manière perpétuelle la patte du maître. Ayant signé également le Screenplay, Guillermo Del Toro confie à Troy Nixey les manettes d'un aspect de plus de sa vision fantasmagorique du fantastique, alliée à un goût immodéré pour faire vibrer de frayeur le spectateur dans son siège.

Troy Nixey, appuyé par des acteurs concentrés et bankables (Guy Pearce, Kathie Holmes) et je dirais, dociles voire effacés dans ce film, réussit à transformer le mythe de la "Tooth Fairy" (la petite souris en fançais) si cher aux enfants perdants leurs dents de lait, de manière fantastique et terrifiante à la fois. Cela tient également beaucoup à Bailee Madison que l'on avait pu voir dans "Bridge to Terabithia" et "Brothers", qui arrive à retranscrire toute la frustration d'un enfant qui ne peut communiquer ses peurs aux adultes de peur d'être incomprise.

L'histoire est celle de Sally (Bailee Madison), 10 ans qui se voit confiée à son père par sa mère pour une durée indéterminée. Son père (Guy Pearce) est en couple avec Kim (Kathie Holmes) et a investit dans une vieille demeure afin de la restaurer pour ainsi relancer sa carrière d'architecte. Le couple et l'enfant s'installent alors dans une magnifique maison habitée anciennement par un célèbre peintre paysagiste. Mais la demeure détient de sombres secrets et Sally met à jour un sous-sol scellé qui ne devait à aucun prix être découvert. C'est alors que dans sa solitude elle entend des voix l'appeler et des phénomènes intrigants se mettent à exister pour la petite fille. Je n'en dirais pas plus car ce serait spoiler.

On est loin d'un film à suspense comme "the ring" (l'original s'entend et non c'est immonde remake américain) ou d'un flippant "6ème sens". L'originalité ici se situe dans la richesse des décors, et dans la créativité de la narration. Le malaise du spectateur est renforcé par ce que Guillermo Del Toro arrive si bien à retranscrire: un imaginaire débridé concernant la conception de "créatures" qui lui sont chères et qui nous surprennent sans cesse. Allié à un environnement semblable à ceux de Tim Burton, le film fait mouche là où certains ce seraient cassé les dents. L'ambiance et l'atmosphère font de "Don't be afraid of the dark" (j'attends de voir la tradi française avec appréhension) plus un thriller ésotérique qu'un film d'horreur.

Troy Nixey reprend les thèmes du "Labyrinthe de Pan" à savoir la fragilité de l'enfance confrontée au monde des adultes qui souvent semblent plus infantiles que l'enfant. L'enfance réfugiée dans le monde du rêve qui voit soudainement ses cauchemars prendre vie. Allégorie répétée dans la majeur partie des oeuvres de Del Toro.

Pour autant, là ou Troy Nixey pêche, c'est par son manque de suggestion. Un film fait pour faire peur doit suggérer un minimum afin de ne laisser aucun répit au spectateur. Il est regrettable par certains aspects d'avoir fait apparaître les créatures un peu trop tôt. Le final également manque de finesse et semble un peu trop expédié.

Il n'en reste que ce film saura vous trouver si vous aimez les contes fantastiques et, évidemment, si vous avez peur du noir.


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