L'on parle beaucoup de Monsieur Ryan Gossling en ce moment. Que ce soit dans les journaux, à la télévision ou dans la presse spécialisée. Et ce, à juste titre. Son dernier film, DRIVE a enflammé le dernier festival de Cannes pour sa justesse de son jeu d'acteur accouplé à une maîtrise visuelle de son réalisateur Monsieur Winding Refn. Ce dernier s'était fait remarqué récemment pour son très étrange "Valhalla Rising", film obscur dans sa narration mais brillant par sa photographie et par sa sauvagerie naturelle. Nicolas Winding Refn assurait alors déjà une remarquable direction d'acteurs liée a un sens très poussé de l'utilisation des silences dans ses oeuvres. Il semble porter une très grande importance aux non-dits de ses personnages principaux ce qui accentue l'envie du spectateur d'en savoir plus et ainsi d'accrocher à la trame de ces films, préférant le choc visuel des images, à des dialogues trop téléphonés.
Mais revenons à DRIVE. Dès le générique, nous revoilà retombés dans les années 80, que ce soit par le vecteur de la musique, ou celui de la typographie utilisée. Mélangés subtilement à une mise en scène très moderne et en complémentarité totale avec son sujet. Le réalisateur nous fait découvrir un Los Angeles tentaculaire où il fait bon se perdre en compagnie du "driver" Ryan Gossling ou par ses prise de vues aériennes, somptueuses d'esthétisme.
Ce n'est pas tant la trame qui est importante, mais la manière qu'a le réalisateur de la mettre en images. Le Driver est cascadeur le jour pour un studio de cinéma et conduit la nuit des truands lors de leurs opération délictueuses sans prendre jamais part à ces délits. Il se lie à sa voisine de palier et son fils dont le mari est en prison. Ce dernier en sortant se voit contraint de réaliser un ultime forfait afin de payer ses dettes et le driver décide de le conduire afin de mettre un terme aux menaces qui peuvent peser sur sa femme et son fils. Après s'être fait doubler, le driver n'a d'autre choix que de retrouver les commanditaires et de les éliminer afin de protéger la veuve et l'orphelin. Rien de très nouveau.
Là où le réalisateur fait fort, c'est de construire son récit dans un rythme allant crescendo. Le début du film est lent et prend le temps d'installer les différents protagonistes, tournant tous autour du driver qui lui, est pratiquement absent verbalement des évènements, qui pourtant vont l'affecter très rapidement.
On saura peut de choses sur son passé et sur ses motivations. La tristesse qui émane de son personnage se fait essentiellement par un jeu d'acteur sobre mais efficace. Et c'est là tout le génie de Ryan Gossling. Il arrive à nous faire passer des émotions violentes et exacerbées avec un jeu minimaliste. Le réalisateur y est pour beaucoup par sa direction d'acteurs et l'on retrouve la même puissance qu'avec Mads Mikkeslsen dans "Valhalla Rising".
Il va sans dire que tous ces éléments combinés, direction d'acteur, photographie du film, jeu de lumières, rythme de la narration et musique nostalgique nous plongent tout droit dans une oeuvre d'une richesse absolue et qui mérite d'être relevée. La violence y est traitée de manière très crue mais jamais gratuitement. Elle semble être le constat d'une époque, d'une ville et d'une société. Elle s'inscrit parfaitement dans le scénario et déroule d'un raisonnement logique.
Nicolas Winding Refn gagne en maturité avec "DRIVE" et se pose en réalisateur avec lequel il faut compter.
Je ne saurais trop vous recommander ce film noir, d'une profondeur certaine, et qui vous suivra longtemps après sa lecture. Cela faisait longtemps que l'on avait pas eu une belle leçon de cinéma, et pour cela Monsieur Winding Refn, je vous dis merci.
PS: A noter que l'acteur Ryan Gossling s'était déjà fait remarquer dans ce très juste film "Danny Balint"
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