Gros coup de coeur pour ce premier film de Jerôme Legris. Avec des pointures du cinéma français comme Mélanie Laurent, Tchéky Karyo, Clovis Cornillac ou encore Xavier Gallais trop méconnu.
L'affiche d'abord, met l'eau à la bouche, sachant que Mélanie Laurent sait diablement bien choisir ses films ("Je vais bien ne t'en fais pas", "Le concert", "Inglorious Bastards" et autres) mais pas forcément ses choix de carrière, en référence à sa dernière dérive musicale. Mais là n'est pas le sujet. On aime ou on aime pas.
De musique il s'agit encore avec ce film ou Lucrèce (Mélanie Laurent), tueuse à gages professionnelle accepte un dernier contrat avant de raccrocher définitivement pour sa fille. Direction la Suisse où elle devra incarner une chanteuse lyrique afin d'interpréter le Messie de Haendel pour se rapprocher de sa cible, chanteur lyrique (Christopher Stills) également, mais aussi propriétaire d'un terrain en Ecosse où devait se dessiner le tracé d'un pipeline pétrolifère d'une grande et puissante société. Mandatée par son agent (Tchéky Karyo), Lucrèce devra également affronter sans le savoir un obscur agent des services secrets français (Clovis Cornillac) qui lui aussi rempile pour une dernière mission suite à un précédent fiasco lié à ses implications émotionnelles quant aux natures de ses affectations.
Ajoutez à cela un directeur de festival étonnant (Xavier Gallais), un prêtre véreux (Philippe Morier-Genoud), et une société pétrolifère plus que douteuse et vous obtiendrez l'un des rares films d'espionnage français n'ayant rien à envier à des pointures du genre.
Le rythme est implacable, la photographie est léchée, les effets spéciaux impressionnants (le château a été recréé de toutes pièces), et le jeu d'acteur admirable. On ne s'ennuie pas, on s'étonne et surtout on se laisse prendre la main sans jamais deviner le dénouement.
Mélanie Laurent confirme ici son énorme potentiel et se pose en actrice française incontournable au niveau international. Quel bonheur également de retrouver Tchéky Karyo, qui nous avait émerveillé dans "Nikita", mais qui s'était quelque peu égaré dans des films comme "Doberman" ou encore "Le baiser du dragon".
Clovis Cornillac nous montre qu'il peut revêtir cette classe d'acteur qui nous avait marqué dans "Un long dimanche de fiancailles" et assied peut-être son rôle le plus "épais" le concernant.
Enfin Xavier Gallais nous offre un aperçu d'un talent insoupçonné pour les personnages fragiles sachant faire passer des torrents d'émotions dans un rôle taillé à sa mesure.
La réalisation n'a rien à envier aux plus grands et je peux déjà vous dire qu'on ré-entendra parler de Jérôme Legris. Souhaitons-le lui et souhaitons-le nous.
Bon film!
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